Plateforme des ONG Françaises pour la Palestine

OPÉRATION CONTRE LA « FLOTTILLE DE LA PAIX » A DESTINATION DE GAZA

2 juin 2010 - Point presse du MAE

(Une résolution a été votée hier soir pour mener une enquête sur l’affaire de la flottille qui allait à Gaza. Il semble qu’il y ait une ambiguïté entre la compréhension de la plupart des membres du Conseil de sécurité sur ce que veut dire une enquête indépendante, ce qui semblerait vouloir dire une enquête de l’ONU et la compréhension américaine qui semblerait vouloir dire une enquête effectuée par Israël. Quelle est la compréhension française du terme enquête indépendante ? Plus généralement, êtes-vous content de cette résolution ? Ne préféreriez-vous pas le phrasé initial qui condamnait explicitement Israël ?)

Dans la diplomatie, nous ne sommes jamais contents, pas contents, tristes, heureux. Ce sont des notions subjectives qui n’ont pas de place dans notre métier.

Notre métier est de travailler sur une réalité, de nous confronter à des problèmes et d’essayer de trouver des solutions.

Deuxièmement, dans votre question, vous parlez de résolution du Conseil de sécurité, ce n’en est pas une, c’est une déclaration de la présidence du Conseil.

Il est important qu’il y ai eu cet accord général sur le principe-même d’une enquête, que nous avons appelé de nos vœux dès le début de la journée, dans les différentes déclarations des plus hautes autorités françaises. D’autre part, dans le texte adopté hier à New York, on appelle à une enquête impartiale, crédible, transparente et qui soit mise en place sans délai.

(Comprenez-vous le désarroi des journalistes car plusieurs d’entre eux ont été enlevés par les forces israéliennes dans les eaux internationales en train de faire leur travail. Ils sont notamment bulgares et il y a même une journaliste de ma propre agence, agence du Koweït, ainsi que des journalistes australiens. J’ai parlé avec journaliste de Reporters sans frontières hier soir, nous n’avons plus de nouvelles, tous les téléphones ont été confisqués. Quelle est votre réaction face à cette situation ? A votre demande, vous avez reçu hier l’ambassadeur israélien. Peut-on savoir ce qu’il s’est dit ?)

Concernant l’ambassadeur d’Israël en France, il a été convoqué hier au Quai d’Orsay. Cela a été l’occasion pour nous de lui rappeler essentiellement deux choses : premièrement, combien nous avions été choqués par cette action de force que nous avons condamnée. Deuxièmement, pour nous enquérir du sort des ressortissants français qui se trouvaient à bord de ces bateaux. Nous lui avons bien sûr demandé qu’il nous donne toute l’information disponible sur nos compatriotes.

Quant aux journalistes, c’est naturellement une préoccupation, mais qui rejoint également celle de tous les passagers des bateaux. Nous rappelons pour eux, en ce qui les concerne, la liberté de la presse qui est un principe auquel la France est tellement attachée, vous le savez, quelles que soient les circonstances et partout dans le monde.

Ceci faisait partie des messages que nous avons transmis hier à l’ambassadeur d’Israël en France.

Notre consulat général à Tel-Aviv est mobilisé et comme pour l’ensemble de nos compatriotes qui se trouvent en difficulté à l’étranger, nous avons demandé l’exercice de notre droit à la protection consulaire, tel qu’il est prévu dans la Convention sur les relations consulaires. Un agent du consulat général de France à Tel-Aviv est aujourd’hui à Beersheva où se trouve le centre de rétention dans lequel étaient les personnes qui occupaient ces différents navires.

Une dernière chose que je peux dire à ce stade, nous avons reçu hier ici au ministère des Affaires étrangères et européennes, l’une des structures associatives françaises associée à cette Opération « Flottille pour la paix ». Il s’agit de la campagne civile internationale pour la protection du peuple palestinien la CCIPPP.

(... d’origine terroriste ou avec un historique terroriste. De cette association, je n’ai jamais entendu parler. Vous l’avez reçu hier, quelle est votre impression sur cette association )

C’est l’une des associations qui a participé à cette manifestation qui était la flottille pour la paix. Ce qui était important pour nous, c’est d’avoir un contact avec eux pour précisément, là-aussi, augmenter notre degré de connaissance sur les ressortissants français possiblement à bord des bateaux ; Il était important d’avoir ce contact. Nous sommes dans une phase de multiplication de contacts pour connaître avec exactitude où en sont les choses, sur le nombre de nos compatriotes concernés par ce dossier, sur la situation dans laquelle ils se trouvent, sur la possibilité pour nous d’exercer la protection consulaire et la possibilité pour eux de regagner leur pays d’origine.

(Parmi les 10 personnes, certaines se trouvaient-elles sur le Marmara, le bateau Turc ?)

Oui, quatre, avec les précautions d’usage car nous sommes dans le temps de la vérification.

(Celui dont on est sans nouvelle, quelle est la raison pour laquelle l’on se trouve dans une telle situation ?)
Nous aimerions bien le savoir.

(Sa famille s’inquiète selon une dépêche de l’AFP de ce matin !)

Nous sommes pleinement mobilisés pour savoir où il est et quelle est sa situation. Dès que nous saurons quelque chose, nous le confirmerons bien sûr.

(La France qui est bien implantée dans un pays s’occupe également des ressortissants européens. Avez-vous eu également des demandes de pays européens pour accorder ou apporter une aide consulaire car il y a des petits pays qui en faisaient partie ?)

A ma connaissance, non.

(Vous dites que parmi les dix Français, il y a des binationaux. D’après mes informations, il y en a 8 qui sont Français sans double nationalité tandis que 14 sont binationaux. Lorsque l’agent consulaire ira les visiter, comment va-t-il procéder, ne connaissant pas la double nationalité de quelqu’un, prenant en compte qu’en Israël, une double nationalité, si elle est arabe n’est pas reconnue.)

Ce sera comme toujours, c’est-à-dire que, quand nous sommes sur le terrain, nous travaillons sur une réalité. Nous essayons d’être le plus utile possible.

La première étape dans laquelle nous nous trouvons actuellement, c’est d’abord de pouvoir exercer cette protection consulaire, c’est-à-dire de nous assurer du respect des textes, la convention sur les relations consulaire que j’indiquais tout à l’heure.

L’un de nos agents du consulat général à Tel-Aviv est sur place. Lorsqu’il aura accès aux personnes concernées et nous espérons que cela interviendra très rapidement, il pourra les rencontrer et vérifier.

(Quand avez-vous mis en place une cellule de crise pour cette affaire ?)

Il y a parfois des confusions entre cellule de crise et Centre de crise. Dans ce ministère, pendant des années, nous avons fonctionné sur le principe d’une cellule de crise. Quelque chose se passe, nous mettons une cellule de crise en place.

Aujourd’hui, la question ne se pose plus dans ces termes-là pour nous car et c’est l’une des réformes introduites par Bernard Kouchner dans ce ministère, nous avons pérennisé la structure de la cellule de crise et nous en avons fait un centre de crise. C’est-à-dire que nous avons, en permanence, une structure qui s’appelle le Centre de crise et qui est opérationnelle, 24H sur /24, 7 jours sur 7, 365 jours par an sur tous types de crises.

Pour Haïti par exemple, il n’y a pas eu besoin de former une cellule de crise, le Centre de crise était déjà opérationnel et c’est lui qui, souvent sonne l’alerte.

Ensuite, en fonction de la nature du problème ou de la situation, nous renforçons les effectifs. Ce Centre de crise est maintenant opérationnel tout le temps et sur tous les sujets."

(Sur cette affaire, qui peut appeler le numéro du Centre de crise aujourd’hui, les parents de ces Français qui sont en Israël par exemple ?)

Bien sûr.

(Vous les avez contactés, vous les connaissez donc.)

Ceux que l’on a repérés. Si nous avons un tel appel, nous vérifions et si l’information est exacte, nous revenons vers la famille.

(Peut-on connaître des noms ?)

Non.

(Dans la délégation pro-palestinienne que vous avez reçue hier, y avait-il une délégation de Juifs français pour la paix ?)

Non, pas que je sache. L’association qui a été reçue s’intitule : la campagne civile internationale pour la protection du peuple palestinien.

(Pensez-vous que cette agression soulèvera automatiquement la question du blocus de Gaza et dans l’affirmative, quelle serait la position de la France à ce sujet ?)

Nous l’avons déjà rappelé, vous m’aviez interrogé sur la flottille de la paix vendredi dernier.

Je vous ai rappelé trois choses, notre condamnation du blocus, notre préoccupation pour la situation humanitaire à Gaza et notre volonté de voir respecter d’une part, appliquer d’autre part, la résolution 1860 du Conseil de sécurité des Nations unies.

(Je me rappelle que la France était en 1re ligne pour proposer d’accompagner les convois humanitaires vers la Somalie. Est-ce que dans le cas de Gaza, la France peut s’engager à appuyer des couloirs humanitaires pour Gaza comme cela a été le cas de Bernard Kouchner durant des décennies ? Apparemment le gouvernement turc va dans ce sens)

Ce qui nous importe c’est que l’on sorte de cette situation de blocus, que l’on applique la résolution 1860 et que l’on puisse sortir de la situation humanitaire que connaît Gaza le plus rapidement possible.

Derrière tout cela, on doit trouver une solution politique aux problèmes auxquels sont confrontés Palestiniens et Israéliens depuis trop longtemps. Cela veut dire la reprise de discussions qui doivent se transformer en processus de Paix. C’est là-dessus qu’il faut travailler en amont et c’est ce sur quoi nous sommes mobilisés.

(Sur le terrain, il y a un problème au niveau de l’acheminement de l’aide humanitaire pour Gaza. Ils reçoivent 25 % de leurs besoins. Les Palestiniens disent qu’ils sont prêts à coopérer avec Israël sur l’acheminement des biens, mais Israël ne laisse rien passer. Ni le ciment, ni le verre. N’y a-t-il pas un moyen pour l’ONU de s’intégrer dans le processus d’acheminement de l’aide humanitaire ?)

Oui il y a un moyen c’est de poursuivre sans baisser les bras, les efforts sur la recherche d’une solution politique. C’est aussi pour cela que nous demandons la levée du blocus et l’application de la résolution 1860.



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