L’existence d’Israël est « un fait », « une réalité », mais le Hamas ne reconnaîtra officiellement l’Etat juif que lorsqu’un Etat palestinien aura vu le jour, a déclaré mercredi le chef de file du mouvement de la résistance islamique, Khaled Méchaal, qui vit en exil à Damas.
Alors que le Hamas refusait jusqu’à présent d’admettre l’existence d’Israël, Méchaal a concédé dans une interview qu’il s’agissait d’une « réalité ». « Il va rester un Etat qui s’appelle Israël, c’est un fait », a-t-il dit. « Le problème, ce n’est pas l’existence d’une entité qui s’appelle Israël. Le problème, c’est que l’Etat palestinien n’existe pas. »
L’Occident a imposé des sanctions financières au gouvernement palestinien dirigé par le Hamas en raison de son refus de reconnaître Israël, de renoncer à la violence et d’accepter les accords passés. Cet embargo a entraîné une grave crise économique dans les territoires palestiniens.
Méchaal a indiqué que le Hamas continuerait de s’opposer aux principes fixés par les puissances occidentales et refuserait de reconnaître officiellement Israël tant qu’un Etat palestinien n’aura pas vu le jour.
Il a précisé que la charte du mouvement radical, qui appelle à la destruction de l’Etat juif, pourrait être modifiée ultérieurement.
« Dans un avenir lointain, les conditions auront changé et les positions pourront alors être reconsidérées », a-t-il dit. Le dirigeant palestinien a indiqué que son mouvement soutenait les revendications arabes appelant à la création d’un Etat palestinien - qui inclurait Gaza, la Cisjordanie et Jérusalem-Est - ainsi qu’au droit au retour des réfugiés palestiniens.
« En tant que Palestinien, je porte aujourd’hui la revendication palestinienne et arabe d’un Etat palestinien dans les frontières de 1967. Il est vrai que, dans la réalité, il y aura une entité ou Etat appelé Israël sur le reste des terres palestiniennes », a dit Méchaal. « C’est une réalité mais je ne veux pas pour autant la reconnaître ou l’admettre formellement », a-t-il ajouté.