Plateforme des ONG Françaises pour la Palestine

ELECTIONS 2007 - LE DROIT POUR LA PAIX dans la presse

7 mai 2007

– « Le Moyen-Orient et la présidentielle » - Denis Sieffert - Politis - 08/02/07

– « Israel-Palestine : Bové en flèche, Royal prudente » - Léonore Mahieux - Politis - 12/04/07

– Interview de Bernard Ravenel sur RFI - 13/04/07

Interview RFI

– Les candidats et le Proche-Orient - Françoise Germain Robin - L’Humanité - 16/04/07

La Plate-forme des ONG françaises pour la Palestine rend publiques les réponses à son questionnaire.

Qu’entendent faire ceux et celles qui postulent à la fonction présidentielle en ce qui concerne le conflit israélo-palestinien ? À ces questions presque tous les candidats ont répondu, ou sous forme de lettres. Les réponses les plus fouillées et argumentées sont celles de Marie-George Buffet - très politique - et de José Bové - très juridique. Au-delà de l’affirmation nette, par tous les candidats, de la nécessité de faire respecter la légalité internationale et les résolutions de l’ONU, la plate-forme des ONG souligne l’existence de divergences nettes qui recoupent souvent le clivage droite gauche, notamment en ce qui concerne la reprise de l’aide à l’Autorité palestinienne ou la libération des prisonniers politiques.

Seuls MM. Sarkozy et Bayrou ne se prononcent pas pour, visiblement soucieux de ne rien dire qui puisse déplaire à Tel Aviv. Ils se montrent les plus timorés s’abritant derrière l’Union européenne pour justifier leur absence d’initiatives - c’est notamment le cas en ce qui concerne la reprise de l’aide ou la possibilité d’une suspension de l’accord d’association UE-Israël (votée par le Parlement européen en 2002) comme sanction du non-respect des droits humains palestiniens par Israël. François Bayrou est tout à fait contre. Ségolène Royal biaise en affirmant qu’elle « ne s’opposerait pas un consensus qui apparaîtrait dans ce sens au sein de l’UE ». Même clivage en ce qui concerne la construction par des entreprises françaises d’un tramway reliant Jérusalem à certaines colonies : seuls les candidats de la « gauche de la gauche » y voient une violation du droit et exigent le retrait desdites entreprises. Pour Bayrou et Royal, c’est juste un « marché international ».

Si la plupart des candidats se montrent favorables à la convocation d’une conférence internationale de paix sous l’égide des Nations unies, seule Marie-George Buffet ose des initiatives immédiates, dès l’élection : « L’envoi d’une mission d’urgence au Proche-Orient et dans chaque État membre du Conseil de sécurité de l’ONU afin d’établir les conditions de la convocation d’une Conférence internationale de paix. »

– « Les candidats ont peur de fâcher » - Entretien avec Bernard Ravenel - Marcel GAY - L’Est Républicain - 16/04/07

Tous restent muets sur le problème du Moyen-Orient comme le regrette le président de la plate-forme des ONG françaises pour la Palestine.

– Bernard Ravenel, vous avez adressé un questionnaire aux douze candidats pour connaître leur position sur la question palestinienne. Que répondent-ils ?

D’abord, nous avons eu de grandes difficultés à obtenir des réponses de la part des candidats. Ensuite, nous avons constaté à travers leurs réponses qu’il y avait de grandes divergences à l’intérieur même du staff de campagne de tous les candidats. Enfin, on voit bien qu’ils n’ont pas l’habitude de parler de ces questions de politique étrangère réservées aux chefs ou aux vedettes médiatiques.

– Comment expliquez-vous cet embarras ?

Ils savent tous que l’opinion est incertaine sur le sujet. Alors ils préfèrent ne pas en parler. Et en même temps, nous sommes persuadés que la cause palestinienne et son objectif de constituer un Etat souverain est une cause majoritairement partagée par l’opinion française. Donc les candidats veulent aussi en tenir compte mais ils ne veulent pas affronter le débat concernant Israël.

– Pourquoi ? Redoutent-ils d’être accusés d’antisémitisme ?

Ah, oui ! Il y a cette peur que j’ai constatée à tous les niveaux. Il y a une telle pression ! Evidemment, au niveau de la plate-forme, il n’y a pas de problème d’antisémitisme. Mais on sent que parmi les candidats, y compris de gauche et d’extrême gauche, il y a cette inquiétude plus ou moins forte d’être soupçonnés d’antisémitisme. Y compris José Bové.

« Tout le monde connaît la solution »

– Le problème de la Palestine est quand même compliqué...

Non, il est très simple. Tout le monde connaît la solution mais Israël n’en veut pas et personne n’est en mesure de la lui imposer. La solution est fondée sur l’application des résolutions de l’ONU depuis 1967 concernant la création d’un Etat palestinien souverain sur les territoires occupés, avec Jérusalem-Est comme capitale. Et la négociation de la question des réfugiés fondée sur le droit, en l’occurrence la résolution de l’ONU votée à ce sujet en 1948.

– Au-delà des problèmes de la Palestine, ce sont tous les débats internationaux qui sont occultés pendant cette campagne.

En effet, c’est impressionnant. Il y a des allusions à l’Europe, mais de manière vague. Car les candidats savent que les Français sont extrêmement divisés sur l’Europe. Donc, ils n’osent pas prendre position de peur de fâcher l’un ou l’autre camp. Or, c’est à travers l’Europe qu’il pourrait y avoir une autonomie de décision par rapport aux Etats-Unis et à Israël (d’ailleurs c’est parfois la même chose) sur tout ce qui se passe au Moyen-Orient. Soit il y a autonomie de décision et on fait avancer les choses, soit il n’y a pas d’autonomie et l’on rentre dans une logique de guerre. Ce n’est pas seulement la Palestine qui est concernée, mais aussi le Liban, l’Irak, et bien sûr l’Iran. Nous sommes très inquiets de l’évolution de la situation. Je constate que les candidats ne perçoivent pas cette gravité. Donc, ils n’en parlent pas.

– « Les candidats à la présidentielle et le Proche-Orient » -Alain Gresh - Nouvelles d’Orient - 17/04/07

Israël-Palestine

L’Association France-Palestine solidarité publie les réponses données par les divers candidats aux questions de la plate-forme des ONG sur la Palestine sur le conflit israélo-palestinien.

A la question « Alors que l’État français a l’obligation de faire respecter le droit international par ses ressortissants, y compris les entreprises : Quelles mesures comptez-vous prendre afin d’empêcher la participation de deux entreprises françaises (Alstom et Veolia) à la construction et à l’exploitation d’une ligne de tramway desservant les colonies installées à Jérusalem-Est et ses alentours, qui renforce sur le terrain les mesures illégales d’annexion et de colonisation prises depuis 1967 ? » (Sur l’affaire du tramway, lire Philippe Rekacewicz et Dominique Vidal, « Un tramway français nommé schizophrénie », Le Monde diplomatique, février 2007).

Réponse de François Bayrou : « La participation d’entreprises françaises à la construction du tramway de Jérusalem s’inscrit dans le cadre d’un marché international qui obéit à une logique commerciale. Pour le reste, il est souhaitable de ne pas ajouter de polémique sur des sujets aussi sensibles. La construction d’un tramway n’est pas une réalisation à caractère stratégique, mais un moyen de transport s’adressant à la population civile souvent de condition modeste. Quelle que soit l’issue du conflit - que pour ma part je souhaite heureuse -, ce type d’équipement restera à la disposition des populations. »

Réponse de Ségolène Royal : « On ne peut pas considérer que les coopérations économiques entre les entreprises françaises et Israël, en l’occurrence, l’exploitation d’une ligne de tramway en construction à laquelle vous faites allusion, soient destinées à renforcer ou à légitimer les colonies israéliennes dans les Territoires occupés. Le sort de ces colonies devra être décidé entre les deux parties lors des négociations pour une paix définitive et la création d’un État palestinien. »

Alors que Nicolas Sarkozy n’a pas répondu à chaque question spécifiquement et donc n’a pas donné sa position sur le tramway, Marie-George Buffet affirme : « Nul ne peut se soustraire au respect du droit, y compris le droit international. Les plus hautes autorités de l’État doivent exiger des entreprises françaises concernées l’arrêt immédiat de leur participation à la construction d’un tramway en territoire occupé. Si des pressions concrètes doivent être exercées dans ce sens ou des sanctions, y compris judiciaires, il reviendra aux pouvoirs publics d’en assumer l’initiative. La construction de ce tramway a suscité d’ailleurs de l’indignation chez les syndicalistes de ces entreprises, engagés dans l’action avec nombre d’organisations politiques et de la société civile. Là aussi, je pense qu’une fermeté s’impose. C’est un dossier sur lequel, en effet, les autorités françaises peuvent réellement peser à condition d’en manifester la volonté politique. »

Sur la question de la suspension de l’aide au gouvernement palestinien, la question posée était la suivante : « Dans quelle mesure comptez-vous intervenir au sein de l’Union européenne pour que celle-ci reprenne son aide à l’Autorité palestinienne et lui permette, ainsi, d’assurer à nouveau le paiement des salaires des fonctionnaires et les services de base à la population ? »

François Bayrou « salue par avance toute évolution au sein des instances palestiniennes qui, sur la base des élections de janvier 2006, permettra d’avancer dans la voie de la réconciliation et de l’union et encouragera une reprise rapide de l’aide directe ».

Ségolène Royal : « Les aides de l’Union européenne à l’Autorité palestinienne ont, en effet, été suspendues après la victoire électorale du Hamas aux élections législatives de janvier 2006. J’ai regretté la position du Hamas qui ne reconnaît toujours pas Israël et n’a pas renoncé à la lutte armée. J’ai néanmoins estimé que la suspension de l’aide qui frappait durement la population palestinienne ne contribuait pas à l’avancée de la paix. J’ai souhaité son rétablissement qui me semble aujourd’hui d’autant plus d’actualité qu’un gouvernement de coalition vient d’être formé. »

Marie-George Buffet, Olivier Besancenot, Dominique Voynet et José Bové se prononcent pour le rétablissement de l’aide.

Voici un extrait de la position définie par Nicolas Sarkozy :

« À nos amis palestiniens, je veux dire que l’existence et la sécurité de l’Etat d’Israël ne sont pas négociables et que rien ne peut justifier la violence. Les terroristes qui prétendent agir en leur nom et pour leur bien sont en fait les véritables ennemis des Palestiniens car ils les privent d’une paix à laquelle ils aspirent et ont droit. C’est la raison pour laquelle la France, avec l’ensemble de la communauté internationale, a posé comme condition à la reprise du dialogue avec le gouvernement palestinien que ce dernier respecte les trois conditions posées par le Quartet : la reconnaissance d’Israël, le renoncement à la violence et le respect des accords antérieurs. »

« Nous devons cette même franchise à nos amis israéliens. La poursuite d’une politique de faits accomplis sur le terrain est contraire aux intérêts d’Israël à long terme. Une telle politique hypothèque lourdement l’avenir : en renforçant les antagonismes, elle éloigne chaque jour un peu plus la possibilité d’une paix négociée. » (...)

« La France a un rôle important à jouer. Mais elle n’a pas de leçon à donner et elle ne peut évidemment pas se substituer aux Israéliens et aux Palestiniens pour faire la paix et décider de leur avenir à leur place. Notre rôle, à titre national ou à travers l’Union européenne, doit avant tout être celui d’un facilitateur, en utilisant nos bonnes relations avec les deux parties pour les encourager à faire les gestes nécessaires pour recréer la confiance et faire ensuite les concessions qui seront indispensables pour parvenir à une solution juste. »

– « Palestine : Les candidats presque à l’unisson » - Henrik Lindell - Témoignage Chrétien - 18/04/07

La Plate-forme des ONG françaises pour la Palestine mène campagne pour « une paix juste (...) par la reconnaissance d’un État palestinien dans le respect du droit international ». Elle a soumis un document d’une quinzaine de questions aux candidats. Tous ont répondu, sauf Arlette Laguiller. Ce qui est un bon signe en soi pour Bernard Ravenel, président de la Plate-forme, qui relève avec satisfaction que les candidats affirment l’importance de respecter les résolutions de l’Onu en matière de création d’un État palestinien à côté d’Israël, comme au sujet des réfugiés palestiniens. Il juge également positif que les candidats soient tous en faveur d’une conférence internationale sur le Proche-Orient et également pour l’envoi d’une force multinationale de protection sous mandat de l’Onu.

« Nos déceptions concernent les moyens que les candidats veulent mettre en œuvre pour appliquer leurs objectifs », dit Ravenel. Seuls Besancenot, Bové et Buffet se prononcent pour une suspension de l’Accord d’association Israël-UE. Royal, elle, ne « s’opposerait évidemment pas à un consensus qui apparaîtrait dans ce sens » au sein des instances européennes, alors que Bayrou et Sarkozy sont contre. Au sujet de la reprise de l’aide européenne à l’Autorité palestinienne et de la restitution des taxes dues par Israël à l’Autorité palestinienne, il regrette que les candidats de droite ne rejoignent pas Royal, Besancenot, Bové, Voynet et Buffet, qui y sont favorables.
Il n’empêche. Ces positions en faveur de la cause palestinienne auraient été inimaginables il y a encore dix ans. Les temps changent. « Aujourd’hui, dit Ravenel, la cause palestinienne en France est populaire. C’est particulièrement vrai en province. Des militants associatifs interpellent leurs parlementaires. » Un autre facteur positif est la présence de grandes ONG, comme le Secours catholique et le CCFD, au sein de la Plate-forme. Celles-ci sont capables de relayer les campagnes d’une façon plus importante que les associations spécialisées sur la Palestine



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