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Actualité de l’Union Juive Française pour la Paix

PARIS, le 16 juillet 2005

Aux sympathisants de l’UJFP, A nos partenaires associatifs, Messieurs et Mesdames de la presse,

LE 16 JUILLET : IL Y A 63 ANS, LA RAFLE DU VEL D’HIV

C’était un 16 juillet, en 1942, année de tous les dangers pour les Juifs d’Europe. La solution finale battait son plein et le génocide était à son apogée. De nombreux membres de nos familles sont morts en déportation, disparus dans les ténèbres des camps de la mort hitlériens. En tout, quelque 76 000 Juifs déportés de France. Des hommes, des femmes et des enfants dont le seul tort était d’être né Juif. En cela ils ont subi leur sort avec des Tsiganes, des homosexuels, des malades mentaux et d’autres « sous-hommes » que les Nazis avaient également voués à l’extermination. C’était le 16 juillet, il y a 63 ans, que la Gestapo et leurs supplétifs, des policiers et gendarmes français, ont raflé des Juifs en région parisienne pour les enfermer dans le Vélodrome d’Hiver avant de les envoyer vers une destination sans retour. A présent, un monument à leur mémoire s’élève sur l’emplacement de l’ancien Vel d’Hiv, où le Mouvement Juif Libéral de France (MJLF) est, aujourd’hui même, en train de lire les noms des victimes de cette terrible rafle. C’est tout à l’honneur du MJLF. Les noms des victimes se trouve également gravés sur un mur au Mémorial de la Shoah dans le Marais, quartier juif historique de Paris. A l’UJFP, certains de nos adhérents les plus âgés sont des survivants du génocide, enfants cachés ou jeunes résistants à l’époque. Plus nombreux parmi nous sont enfants ou petits enfants des martyrs, souvent arrêtés par la police française et déportés par les Nazis. Nous ne l’oublierons jamais. Notre action contre toute forme de racisme, d’antisémitisme et d’islamophobie, en faveur de la paix et d’un monde plus juste, c’est la continuation de la lutte antifasciste menée à l’époque dans les conditions difficilement imaginables. Les martyrs ne seront pas morts en vain si l’humanité sait tirer les leçons qui s’imposent de ce terrible chapitre de l’histoire récente. C’est notre refus de toute forme de discrimination, d’oppression, d’exclusion et de déshumanisation d’un groupe de personnes, quel qu’il soit, qui nous motive à militer pour la paix et la dignité de tous, à exaucer, en somme, le vœu d’un de nos sages, le rabbin Tarfon, qui a exhorté ses contemporains, ainsi que les générations futures, à œuvrer pour « créer un monde meilleur ».

CONTRE LA VENUE DE SHARON : AU QUAI D’ORSAY LE 7 JUILLET

Une délégation du mouvement pour une paix juste au Proche-Orient a été reçue au Quai d’Orsay le 7 juillet par trois hauts fonctionnaires du Ministère des Affaires étrangères. La délégation était composée de Bernard Ravenel pour l’AFPS, de Richard Wagman pour l’UJFP, de Christian Piquet pour le Collectif national, d’Omar Somi pour la GUPS, de Catherine Guillaume pour le Collectif Ile-de-France et de Samir Abdellah pour la CCIPPP. Leurs interlocuteurs étaient Jean-François Thibault, conseiller du Ministère, Christian Jouret, Directeur pour le Moyen-Orient, ainsi que le rédacteur du Quai d’Orsay pour Israël. Malgré la langue de bois diplomatique que l’on peut attendre lors de ce genre de rencontre, les responsables du Ministère nous ont néanmoins assuré que, sur l’invitation de Chirac, le président palestinien Mahmoud Abbas viendrait, lui aussi, en France en visite officielle. Les six responsables associatifs ont, chacun à leur tour, livré le message de la société civile française qui militent pour les droits du peuple palestinien. La délégation a souligné comment cette visite risque d’être perçue par l’opinion et demandé que Chirac mette la barre haute en faisant pression sur Sharon (retrait des autorisations pour la vente des drônes français à Israël, relance d’un processus européen pour la suspension de l’accord d’association, pressions pour la mise en application de l’avis de la CIJ sur le Mur, etc.). Le président de l’UJFP a notamment parlé du mal nommé « Parc de France » dans la colonie de Maale Adoumim, de la violation continuelle de l’Accord d’association par Israël et de l’image controversée de Sharon, y compris parmi les Juifs, en citant l’émoi provoqué dans la communauté juive il y a un an quand Sharon a exhorté ses coreligionnaires français à immigrer massivement en Israël sous prétexte d’un supposé « antisémitisme déferlant » dans l’Hexagone.

EGALEMENT A L’ASSEMBLEE NATIONALE LE 7 JUILLET

Le jour même de notre délégation au Quai d’Orsay, une conférence de presse a eu lieu à l’Assemblée nationale, convoquée par la Plate-forme des ONG françaises pour la Palestine. L’UJFP y était représentée par Liliane Cordova-Kaczerginski, membre du Bureau national de l’association. A l’occasion du premier anniversaire de l’avis de la Cour international de justice (CIJ) au sujet du Mur, les ONG ont rappelé qu’un an après, la construction du Mur s’accélère. Quant aux élus présents de tous les groupes politiques, ils ont demandé un débat parlementaire sur la question. Des députés et sénateurs de l’UMP, de l’UDF, du PS, des Verts et du PCF ont participé à cette conférence de presse pour formuler cette demande auprès des présidents de l’Assemblée nationale et du Sénat. Ils ont également exprimé le souhait que la France dépose un projet de résolution devant le Conseil de sécurité de l’ONU pour faire respecter l’avis de la CIJ. Pour ne pas en rester là, les législateurs présents se sont également prononcés pour transposer en droit français la notion de compétence universelle, prévue par l’article 146 de la IVème Convention de Genève. Nous soutenons les parlementaires qui ont entrepris ces démarches et nous espérons qu’ils réussiront à convaincre le gouvernement ou, à défaut, une majorité de leurs collègues sur les bancs des deux assemblées législatives. Mme Monique Chemillier-Gendreau, juriste et professeur de droit international, a recommandé que le mot « sanctions » soit enfin prononcé à l’égard du gouvernement israélien dans le but de mettre fin à son impunité. Le sénateur Robert Bret (PCF, Bouches-du-Rhône) a demandé l’envoi d’une mission parlementaire dans les Territoires palestiniens en octobre 2005. La conférence de presse s’est conclue sur une intervention de Leïla Shahid, Déléguée générale de la Palestine en France, qui a plaidé pour l’application du droit international, car seule une volonté politique est en mesure d’assurer sa mise en œuvre. Elle a précisé que l’Autorité palestinienne a l’intention de saisir l’Assemblée générale des Nations Unies en septembre pour qu’une résolution condamnant Israël soit adoptée. Pour le compte rendu complet de cette conférence de presse, voir le fichier attaché .

UNESCO : CONFERENCE LES 12-13 JUILLET

Les 12-13 juillet, le siège de l’UNESCO à Paris a accueilli une « Conférence internationale de la société civile à l’appui de la paix au Moyen-Orient ». Liliane Cordova-Kaczerginski y a représenté l’UJFP. Ouvert par un représentant du Secrétaire général de l’ONU, cette conférence a regroupé de nombreuses ONG engagées pour la paix dans cette région du monde, dont celles affiliées à la Plate-forme des ONG françaises pour la Palestine. Parmi les orateurs israéliens se trouvaient Mme Adi Dagan de la Coalition des femmes pour la paix et de Machsom Watch, M. Yonathan Mendel des Médecins pour les droits de l’homme et M. Jad Isaac de l’Institut de Recherche appliquée de Jérusalem. Parmi les orateurs palestiniens il y avait M. Gabi Baramki du Conseil palestinien pour la paix et la justice de Ramallah, M. Omar Barghouti, un analyste politique indépendant de Jérusalem et M. Raji Sourani du PCHR (Centre palestinien des droits de l’homme à Gaza). D’autres intervenants de marque ont participé aux travaux, dont le professeur Achin Vanaik (Université de Delhi en Inde), R. Ram Karthigasu de Peace Malaysia (Kuala Lumpur), Mme Luisa Sirvent, Secrétaire générale de la Fédération espagnole des associations de défense et de promotion des droits de l’homme, le sénateur belge Pierre Galand (qui préside le Comité de coordination européen pour des ONG sur la question de la Palestine), M. Na’eem Jeenah, porte-parole du Comité sud-africain de solidarité avec la Palestine et Mme Phyllis Bennis, analyste politique à l’Institute for Policy Studies (Washington) et co-présidente du Réseau international de coordination pour la Palestine. La conférence s’est conclue sur une déclaration adoptée à l’unanimité sur les droits inaliénables du peuple palestinien. Ce document engage notamment « de façon urgente, les mouvements sociaux, organisations et coalitions internationaux, nationaux et régionaux à soutenir l’appel de la société civile palestinienne pour une campagne globale de boycotts, de désinvestissement et de sanctions afin d’exercer des pressions à l’encontre d’Israël pour que ce dernier mette fin à l’occupation et se conforme complètement au droit international et aux résolutions pertinentes des Nations Unies. ».

BOYCOTT, DESINVESTISSEMENT ET SANCTIONS

En effet, l’avis des ONG de nombreux pays, exprimé à l’UNESCO, était précédé par un appel allant dans le même sens, émanant de la société civile palestinienne. Des organisations palestiniennes ont en effet réclamé l’application de telles mesures à l’occasion du premier anniversaire de l’avis de la Cour internationale de justice sur le Mur. Le texte de cet appel proclame : « Après trente-huit ans d’occupation par Israël de la Cisjordanie palestinienne (y compris Jérusalem-Est), de la Bande de Gaza et des Hauteurs du Golan syrien, Israël continue à accroître les colonies juives (...) et annexe maintenant de facto de grandes parties de la Cisjordanie à l’aide du Mur. » Après ce constat, le document en fait un autre sur les résultats des efforts déployés par la diplomatie et les états-majors politiques : « Toutes les formes d’intervention internationale et de tentatives de paix n’ont pas jusqu’ici convaincu ou forcé Israël à se conformer à la loi humanitaire, à respecter les Droits de l’Homme fondamentaux et à mettre fin à son occupation. » Et le document conclut : « Nous invitons les organisations des sociétés civiles internationales et les gens de conscience du monde entier à imposer de larges boycotts et à mettre en application des initiatives de retrait d’investissement contre Israël tels que ceux appliqués à l’Afrique du Sud à l’époque de l’Apartheid. Nous faisons appel à vous pour faire pression sur vos Etats respectifs pour qu’ils appliquent des embargos et de sanctions contre Israël. » Ce texte est signé par 172 partis, syndicats, associations et organisations populaires palestiniennes. Pour le texte complet et la liste de signataires, voir le ficher attaché .

CARNETS DE ROUTE

Nous avons reçu un troisième envoi de Michèle Sibony, Vice-présidente de l’UJFP actuellement en Israël, où elle nous fait part de ses observations. Elle commente l’ambiance générale dans le pays et ses rencontres avec Sarah Lahiani (la mère de Tali Fahima), Uri Ram (sociologue à l’Université de Beer Sheba) et Oren Medicks (militant anticolonialiste de longue date). Vous pouvez lire son récit dans le fichier attaché . Par ailleurs, le procès de Tali Fahima s’ouvre à Ramleh le 17 juillet. L’UJFP a donc envoyé à Tel-Aviv, au comité de soutien de Tali Fahima, un dernier lot de pétitions en faveur de cette prisonnière politique, avec quelque 470 nouvelles signatures. De plus, nous venons d’envoyer une lettre à l’ambassadeur israélien en France au sujet de ce procès, qui risque d’être hautement politique, comme celui de Abie Nathan ou encore de Marwan Barghouti. Vous trouverez le texte de ce courrier dans le fichier attaché .

UN VŒU POUR MORDECHAI VANUNU

Le 11 juillet, les élus du groupe des Verts ont déposé un vœu au Conseil de Paris adressé à Bertrand Delanoë, maire PS de la capitale. Cette requête demande que le maire de Paris interpelle les autorités israéliennes afin que soient levées les restrictions de liberté frappant Mordechai Vanunu, militant antinucléaire israélien. En effet, cet ancien technicien de la centrale nucléaire de Dimona, dans le Néguev, se voit encore imposer de nombreuses restrictions à sa liberté après avoir purgé une peine de 18 ans de prison et, depuis sa libération, se trouve toujours soumis à un régime de quasi résidence surveillée. Son délit ? Avoir dévoilé au monde entier que son pays détenait la bombe atomique. Pour son action en faveur d’un monde débarrassé des armes nucléaires, il a reçu le prix de la paix Yoko Ono-John Lennon, ainsi que le Prix de la Paix du Peuple norvégien et il est désormais nominé comme candidat pour le prix Nobel de la Paix 2006. Le vœu déposé par Les Verts au Conseil de Paris demande également à Bertrand Delanoë d’interpeller les autorités de notre pays afin que Mordechai Vanunu puisse obtenir la nationalité française. En effet, un passeport français aiderait ce sépharade, originaire du Maroc, à se soustraire de la répression que Tel-Aviv lui inflige en tant que citoyen de l’Etat d’Israël. Et l’octroi de la nationalité française à cet internationaliste, infatigable militant pacifiste, honorerait la République. Pour le texte du vœu déposé par Les Verts, voir le fichier attaché , également reproduit ci-dessous.

LE CINEMA CHEZ SOI

Momento, le distributeur des films du cinéaste franco-israélien Eyal Sivan, nous annonce que trois films consacrés à la société israélienne sont désormais disponibles en DVD, sous-titré en français. Il s’agit de « Les panthères noires d’Israël parlent » de Sami Shalom Chetritt et Eli Hamo, ainsi que deux films d’Eyal Sivan, « Izkor, les esclaves de la mémoire » et « Itgaber, le triomphe sur soi » (entretiens avec feu le professeur Yeshayahou Leibowitz). Les DVD de ces films coûtent respectivement 18,00 euros (au lieu de 22,00), 20,00 euros (au lieu de 25,00) et 24,00 euros (au lieu de 29,00). Ces prix incluent les frais d’envoi. Si vous êtes intéressé par cette offre, il suffit d’envoyer un chèque à l’ordre de Momento à l’adresse suivante : Momento, 38 rue de la Chine, 75020 Paris. Pour plus d’informations, vous pouvez appeler au 01 43 66 86 04.

Richard WAGMAN Président

Union juive française pour la paix (UJFP) 21 ter, rue Voltaire 75011 PARIS

Tél. : 01 42 02 59 76 Fax : 01 42 02 59 77

Vœu demandant une intervention du Maire de Paris en faveur de Mordechai Vanunu

Déposé par Sylvain Garel et les éluEs du groupe Les Verts

Mordechaï Vanunu, ancien technicien ayant travaillé à la centrale nucléaire de Dimona en Israël, a été libéré de prison le 21 avril 2004, après avoir purgé une peine de 18 ans, prononcée à son encontre pour avoir exposé à des journalistes des éléments du programme nucléaire de son pays. Depuis sa sortie de prison et après avoir purgé entièrement sa peine, il a été soumis à de fortes restrictions de liberté, se référant à « l’état d’urgence » édicté en 1945, avant même la création de l’Etat d’Israël, par les autorités britanniques de Palestine : interdiction d’avoir de contact avec des ressortissants étrangers, de s’entretenir avec les médias, de quitter Israël, de s’approcher des frontières ou changer de domicile. Le 17 mars dernier, un mois avant que ces restrictions ne soient réexaminées pour être éventuellement levées, il a été accusé de ne pas les respecter, ce qui menace à nouveau sérieusement sa liberté. Pourtant, M. Vanunu a déclaré ne détenir aucune information concernant le programme nucléaire israélien, et a fortiori ne vouloir en communiquer à quiconque. Son souhait est d’agir en faveur d’un Moyen-Orient, et au-delà d’un monde, exempt de toute arme nucléaire : c’est dans ce sens qu’il s’est exprimé auprès de journalistes étrangers et notamment français. Son souhait est également de quitter Israël afin de poursuivre librement son combat pacifique contre les armes nucléaires. A ce titre, il bénéficie d’une campagne internationale qui dénonce les restrictions à la liberté d’expression, d’opinion et de circulation auxquelles il est soumis, en violation totale avec les droits de l’homme, et les tentatives des autorités israéliennes de vouloir continuer à le réduire au silence complet. Pour son action, il a obtenu en 2004 le prix de la paix Yoko Ono-John Lennon, il vient d’obtenir le Prix de la Paix du Peuple norvégien et il fait partie des « nominés » pour le prix Nobel de la Paix 2006. Il a par ailleurs sollicité la France, qu’il a choisie en tant que « patrie des droits de l’homme » afin qu’elle lui accorde la nationalité française et qu’il puisse y devenir un homme et citoyen libre. Notre ville, capitale de cette patrie des droits de l’homme, s’est engagée, comme en témoignent notamment les initiatives qui seront prises cette année pour commémorer le soixantième anniversaire des drames de Hiroshima et Nagasaki, dans la mobilisation internationale en faveur de la disparition des armes nucléaires. Elle ne peut donc que soutenir la démarche et le combat de M. Vanunu.

C’est pourquoi, sur proposition de Sylvain Garel et des éluEs du groupe Les Verts, le Conseil de Paris émet le vœu : Que le maire de Paris demande aux autorités israéliennes que soient levées les restrictions de liberté frappant M. Vanunu et qu’il intervienne auprès des autorités françaises pour que ce militant pacifiste puisse obtenir la nationalité française.

Conseil de Paris des 11 et 12 juillet 2005




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